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Les formes politiques élémentaires

Portrait d’Antoine Fabre d’Olivet

Les trois puissances universelles, lorsqu’elles dominent chacune sans aucun mélange des deux autres, donnent naissance à des formes politiques simples : la théocratie pour la Providence, la république pour la Volonté humaine, et la monarchie pour le Destin.

La théocratie était pure chez les Hébreux, où un souverain pontife établi par Moïse régissait le peuple au nom de Dieu. La république était pure chez les Athéniens, quand des magistrats appelés archontes dirigeaient le peuple en son nom. La monarchie était pure chez les Assyriens, entièrement livrés aux mains d’un monarque absolu.

Les moyens de ces régimes sont : la foi en la Divinité pour la théocratie, l’horreur de la servitude pour la république pure, et l’orgueil national joint à la terreur qu’inspire le souverain pour la monarchie pure.

Domination du Destin

Qin Shi Huangdi

Quand le Destin domine absolument la Volonté humaine, le peuple et les individus ne comptent pas, sinon comme chair pour le labeur ou la guerre. Le souverain dispose du droit absolu de mort sur ses sujets et ne se fait aucun scrupule à opprimer les populations. La garantie du despotisme, c’est d’être présent partout et de faire croire qu’il surveille tout. Il pénètre dans les foyers et dans les têtes, viole les intimités et ne laisse subsister aucun espace de franchise ou de liberté. Pour qu’aucune autorité morale ne puisse émettre des remontrances, il écrase toute intellectualité qu’il n’aura pas entièrement domestiquée. Le monarque dictateur chinois Qin Shi Huangdi, qui inspira Mao, fit brûler tous les livres qui lui déplaisaient et fit supplicier les lettrés confucéens.

Dans un régime où le Destin domine la Volonté humaine de façon absolue, les hommes naissent tels qu’ils doivent le rester, inégaux en droits, en pouvoirs et en fortune. L’hérédité du trône en est la première conséquence, suivie de la division en castes, d’autant plus affermie que le Destin est plus pesant. Toutes les institutions empêchent la Volonté humaine de changer quoi que ce soit à l’ordre établi et d’intervertir les rangs dispensés par la naissance. Le monarque centralise tous les pouvoirs dans sa personne. La loi émane directement de lui. Lui seul dispose de la libre attribution des rangs et des honneurs. Il détient également la possibilité de sanctionner tout individu, y compris ceux qui appartiennent aux classes les plus élevées, car l’existence d’une aristocratie intouchable limiterait son pouvoir.

Tamerlan

La monarchie pure requiert également, pour condition indispensable, le droit absolu du souverain de tuer, de condamner à mort, de terroriser et de commettre toutes les atrocités possibles sans qu’aucune voix ne puisse s’élever pour le lui reprocher. Machiavel conseille au prince despote de détruire ou de disperser le peuple conquis qui aurait vécu sous les libertés républicaines. Il faut disposer de la vie des êtres pour les faire obéir. Les despotes qui ne sauront pas immoler leurs rivaux, jusqu’à leurs proches parents et amis, n’obtiendront jamais le despotisme absolu. La monarchie pure régna chez les Assyriens ; Cyrus, Attila, Gengis-Khan et Tamerlan en portent le caractère réel[1].

Ces rigueurs qu’exige le despotisme absolu se heurtent de nos jours à une violente opposition dans l’opinion, qui ne les accepte plus. Les hommes ne se résigneront jamais à se laisser réduire à l’état de termite ; la liberté, tout défectueuses que paraisse les conditions de son exercice, reste un fait fondamental et non un simple produit culturel. Un pouvoir absolu ne s’est d’ailleurs jamais vu en Occident. Les monarques dits absolus, comme Louis XIV, imploraient l’aide de leurs banquiers – comme Samuel Bernard – sans pouvoir les forcer. Ils ne purent jamais violer ni leur culte ni la conscience publique en se proclamant divins. De plus, un pouvoir exorbitant s’use de lui-même, car les individus voyagent et les idées avec eux. Ni la douane, ni la police n’empêcheront la pensée de circuler.

Domination de la Volonté humaine

Quand la Volonté domine absolument le Destin, la souveraineté du peuple est reconnue et, avec elle, la liberté et l’égalité des citoyens. Tous les offices publics sont électifs, et il n’existe aucun rang ni distinction en dehors de ces emplois délégués. Nul n’a de droit de se réclamer de l’héritage du passé pour imposer son avantage. Mais pour qu’une république vraie puisse durer, il faudrait que la puissance volitive qui la soutient reste entière. Or, l’essence de la Volonté humaine est de se diviser contre elle-même et d’engendrer des factions, car elle ne possède pas dans sa nature sa permanence d’unité. La difficulté pour maintenir une république en place consiste à trouver le moyen d’empêcher cette division, ou du moins de la retarder.

Esclaves des Romains

L’établissement de la république pure implique également l’esclavage d’une partie de la population. Dans l’Antiquité, il n’y a pas eu de république sans esclavage. La Volonté humaine avait trouvé ce moyen d’écarter la menace du Destin : elle dépouillait un groupe d’hommes de la part de liberté à laquelle ils pouvaient prétendre pour la transférer sur les hommes libres. En reportant le poids de la fatalité sur une partie de la population, elle en épargnait le joug à l’autre partie. C’est pourquoi la république pure ne saurait exister sans l’esclavage. Fabre d’Olivet révèle cette fatalité non pour demander le rétablissement d’une telle abomination, mais pour mettre les hommes en garde contre une loi dont l’ignorance risque de se payer cher : la liberté des uns ne se maintient qu’au prix de la servitude des autres. Cela ne signifie pas que l’esclavage soit absent des monarchies où domine le Destin ; mais c’est dans les républiques qu’a été inventé l’esclavage « légal » qui broie l’homme au point qu’un esclave écrasé par ce sort, quelles qu’aient été ses facultés, ne peut plus inquiéter la cité qui l’opprime.

Par un bienfait que Fabre d’Olivet attribue à la Providence, l’esclavage légal a disparu depuis que le christianisme s’est établi en Europe, et la conscience publique interdit à jamais d’envisager son rétablissement. Un motif puissant, tenant à l’essence de la Volonté humaine, empêche d’en restaurer le principe. Ceux qui voudraient le rétablir en seraient dissuadés par l’opposition invincible de l’opinion. Or l’impossibilité de vouloir des esclaves rend impossible le rétablissement, ou du moins la consolidation, de républiques pures. Celles issues des révolutions anglaise et française n’ont pas dépassé quelques années d’agitation.

Bourse de Londres

Les régimes actuels qui se disent républicains sont en réalité des emporocraties, ou des régimes de l’argent, dans lesquels le principe républicain est bien dilué. Les intérêts économiques eux-mêmes n’ont pas réussi à faire admettre l’esclavage de façon définitive. Cette opposition tient à la nature même de la Volonté humaine, qui change en suivant la marche universelle des choses. L’évolution a transformé les captifs en prisonniers de guerre, a adouci le servage en fermage et l’esclavage en salariat ou en domesticité[2]. La même évolution a aboli la torture, les bagues, la peine de mort ou, à défaut, les exécutions publiques.

Le droit de propriété absolu sur un autre homme est devenu inenvisageable. Il a certes existé des serfs que le seigneur féodal pouvait maltraiter, mais qu’il ne pouvait plus exclure de la communauté humaine, comme les esclaves antiques. La Volonté humaine trouva d’autres moyens d’exploiter une partie de l’humanité. Au XVIe siècle et jusqu’au XIXe, elle dénia aux esclaves noirs leur dignité d’homme, mais elle ne put tenir indéfiniment cette position.

Les modernes, ne disposant plus de cette possibilité, y suppléent par une grande inégalité des richesses qui crée la misère et la domesticité. La pauvreté d’une partie du peuple assure la prospérité de l’autre partie. Mais cette inégalité, loin de briser le Destin, ne l’arrête qu’un moment pour le rendre plus menaçant ; car les discours républicains consacrant l’égalité des droits, les individus pauvres mais dotés d’un caractère audacieux chercheront à sortir de la pauvreté et de la servitude par tous les moyens, et présentent aux factieux des instruments efficaces pour servir leurs ambitions[3].

L’un des enjeux fondamentaux des sciences humaines se pose en ces termes : bien que l’histoire ne montre des exemples de liberté qu’accompagnée de l’asservissement des victimes pour garantir les avantages des nantis, trouvera-t-on un jour le moyen d’instaurer la liberté de tous sans la servitude d’aucun ? Ce dilemme est l’un de ceux auxquels Saint-Yves d’Alveydre entend livrer la solution dans son système social de représentation synarchique.

Les formes mixtes

La Volonté sans le Destin s’exagère et se divise dans le désordre ; et le Destin sans la Volonté s’immobilise. C’est pourquoi les formes politiques ont rarement été pures ; elles résultent le plus souvent d’un mélange entre au moins deux des formes pures pour donner des formes mixtes. La réunion de la théocratie et de la république dans la Grèce archaïque constitua une forme de république dite orphique, par référence à Orphée. La fusion de la théocratie et de la monarchie aboutit aux monarchies dites sacralisées. Le mélange de république et de monarchie aboutit à une variété indéfinie de régimes oligarchiques, impériaux ou féodaux, selon que l’emporte l’un ou l’autre des principes. La Volonté mêlée au Destin produit la tyrannie démagogique si elle le domine, ou l’empire militaire si elle en est dominée. Si, après avoir subjugué la Volonté, le Destin usurpe encore la place de la Providence, il asservit même la vie spirituelle et produit le plus terrible des régimes, le despotisme absolu.

La monarchie comme tendance naturelle

La monarchie est le régime naturel que le Destin donne à l’homme. Elle s’établit toute seule avec le développement de l’état social, par effet de la force des choses, à la différence d’une république, qui a toujours besoin d’un effort de la Volonté pour s’instaurer et pour se maintenir. Dans toutes les civilisations que les Européens découvrirent en Amérique, les seuls gouvernements réguliers étaient monarchiques, qu’il s’agisse du Cacique à Haïti, de l’Inca au Pérou ou de l’empereur chez les Aztèques. Une monarchie peut également avoir pour origine l’énergie de son fondateur, un homme fatidique favorisé par le Destin, c’est-à-dire par les circonstances. Actuellement, le Destin qui règne sur une partie du globe ne revêt plus la forme monarchique, car la Volonté humaine a marqué le monde de ses transformations, et la monarchie à l’ancienne ne peut coexister dans une société où prédomine une économie industrielle et marchande, et où elle n’a plus les moyens d’empêcher la circulation des idées. Le Destin s’est adapté à la situation nouvelle dans les dictatures modernes. Sa mutation formelle, annoncée dès le XIXe siècle, s’accomplit au XXe siècle.

La théocratie

Fabre d’Olivet emploie le mot théocratie pour désigner la forme de gouvernement qui réunit les trois formes en une seule, tout en reconnaissant que ce nom n’invoque couramment à l’esprit que la domination de la seule forme providentielle. La Providence est le principe des théocraties, comme le Destin l’est pour les monarchies et la Volonté humaine pour les républiques ; mais une vraie théocratie ne manifeste pas seulement l’influence providentielle, mais aussi l’action volitive et fatidique, de sorte que les trois puissances soient équilibrées en elle. Saint-Yves d’Alveydre applique volontiers le terme de théocratie à cet équilibre organique par lequel il définit la synarchie. Dans son sens restreint, la théocratie s’entend comme l’exercice direct du pouvoir par le sacerdoce, mais la distinction est parfois plus floue, car dans l’exemple d’une monarchie dite sacralisée, le contrôle du pouvoir politique par le sacerdoce permet d’étendre l’appellation de théocratie à un tel régime.

Le seul nom de théocratie soulève l’opposition de tous ceux qui voient dans un tel régime le fanatisme, la privation de la liberté civile et la conversion sous la contrainte. Si on entend par théocratie un cléricalisme politique servant à couvrir l’intolérance d’une secte, on peut être tenté d’associer religion avec obscurantisme et théocratie avec despotisme. Les critiques ayant confondu la théocratie avec des cléricatures décadentes sous la pression des pouvoirs politiques ont eu raison de blâmer l’asservissement des cléricatures aux pouvoirs politiques disposant des offices et des honneurs.

Selon Saint-Yves d’Alveydre[4], la théocratie pure a pour principe la religion. La fin qu’elle se propose est la culture des intelligences et des consciences, et leur union dans la paix sociale. Elle tend à réaliser cette fin par la tolérance de tous les cultes et leur rappel à leur principe commun. Cette forme de gouvernement trouve sa garantie dans le développement de la perfectibilité humaine par l’instruction, l’éducation, et la sélection des meilleurs pour les hautes fonctions publiques. Elle ne s’exerce qu’à la condition que les peuples puissent donner librement leur assentiment à l’efficacité prouvée par le niveau intellectuel de l’autorité sociale, par sa science et sa vertu. S’il faut parler d’un souverain pontificat, l’essence de cette institution se définirait par « l’universalité synthétique et arbitrale des enseignements »[5]. La Chrétienté n’a jamais eu de théocratie, pure ou mixte, parce que la religion chrétienne, représentée par des églises rivales dès le Ve siècle, et subordonnée à une forme politique oscillant entre la république et l’empire, n’a jamais pu réaliser les garanties de la théocratie qui sont l’unité intellectuelle, l’enseignement scientifique, l’éducation, la sélection et l’initiation. La papauté, vu sa situation partitive et politique dans la Chrétienté, n’a pu faire œuvre que de pouvoir clérical et sectaire, ce qui est tout le contraire de l’Autorité théocratique[6].

Tant que subsiste une forme de gouvernement purement politique, qu’elle soit oligarchique ou autocratique, qu’elle soit dominée par une assemblée ou par un souverain, aucune perfectibilité sociale n’est possible. Le renversement d’une forme politique par une autre ne pourra rien changer au fond des choses, tant que le contrôle des pouvoirs publics par les échelons supérieurs du corps scientifique et enseignant restera impossible, aussi bien à l’intérieur d’une nation que dans les rapports inter-étatiques. En revanche, lorsque règne la synarchie trinitaire, ou théocratie, l’arbitraire devient impossible.


[1] Antoine Fabre d’Olivet, Histoire philosophique du Genre humain, p. 381, 391-392 ; Saint-Yves d’Alveydre, Mission des souverains, Calmann Lévy, Paris, 1884, p. 18.

[2] Antoine Fabre d’Olivet, Histoire philosophique du Genre humain, p. 364-366.

[3] Antoine Fabre d’Olivet, Histoire philosophique du Genre humain, p. 464.

[4] Saint-Yves d’Alveydre, Mission des souverains, Calmann Lévy, Paris, 1884, p. 19.

[5] Saint-Yves d’Alveydre, Mission de l’Inde, p. 275.

[6] Saint-Yves d’Alveydre, Mission des souverains, Calmann Lévy, Paris, 1884, p. 20-21.

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Pascal Bancourt - Écrivain